lundi 10 décembre 2007

Dictée, poésie et dissertation...

Ces trois mots me sont venus en observant les stagiaires qui ont participé ce week-end à notre Gasshuku Annuel. Trois mots qui ont une importance considérable dans la pédagogie scolaire française, mais également dans la pratique de notre Bu-Dô.
Le Karate-Dô est un art martial, et comme toute pratique martiale, son étude est compliquée et elle requiert de la part des étudiants beaucoup de discipline et de travail.
L'évolution, symbolisée par les grades dans les arts martiaux, est comparable au cursus scolaire, et dans ce cadre, le passage de la Ceinture Noire correspond en tout point à l'entrée en université. C'est à ce moment que les étudiants, martiaux ou non, doivent appliquer les bases acquises lors de leurs premières années d'études. Nous ne sommes plus dans la répétition, mais dans la composition.
Cette évolution, présente dans l'étude du Karate-Dô, peut être assimilée à ces trois épreuves de la langue française, que sont la dictée, la poésie et la dissertation.
Selon Wikipédia, encyclopédie libre sur internet, la dictée est utilisée en tant qu'exercice scolaire servant à tester les performances des élèves en matière d'orthographe et de grammaire. Dans notre art martial cette phase correspond aux toutes premières années d'étude, mais nous pouvons également rapproché cet exercice d'une des trois composantes du Karate-Dô, le Kihon.
La deuxième partie de l'apprentissage peut être comparée à la poésie, cet art du langage qui fait une utilisation maximale des ressources de la langue. C'est exactement ce qu'y est demandé à un étudiant ayant atteint le niveau de 4ème Kyu, en appliquant dans des exercices codifiés les techniques de base. La poésie peut également être comparée au Kata.
Enfin la dissertation, exercice visant à développer les capacités réflexives d'un élève autour d'une problématique, représente l'épreuve ultime de l'apprentissage de la langue française, et un parallèle évident peut être fait à ce qui est demandé à un Karate-Ka à partir de la Ceinture Noire. Cet exercice, non plus basé uniquement sur la répétition, doit permettre à l'étudiant de composer son propre récit, et n'est ce pas l'idée du Kumite.
Dictée, poésie et dissertation... ou disons plutôt Kihon, Kata et Kumite !